Jesse Treece

Posted: February 8th, 2014 | Author: | Filed under: portfolios | Tags: , , | No Comments »
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American collage artist

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http://collageartbyjesse.tumblr.com/

 


Tacita Dean

Posted: February 3rd, 2014 | Author: | Filed under: art sur canapé: exhibition reviews | Tags: , , , | No Comments »
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Génèse d’une œuvre : JG de Tacita Dean, une conversation entre Robert Smithson, J.G. Ballard et Tacita Dean

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JG est un film en grande partie inspiré par la correspondance que l’artiste Tacita Dean a entretenue avec l’écrivain J.G. Ballard (1930 – 2009) au sujet de sa nouvelle Les Voix du Temps (1960) et les connections que celle-ci entretient avec l’œuvre iconique de Robert Smithson, Spiral Jetty (en français : Jetée en spirale).

Effectivement, Tacita Dean et J.G. Ballard partagent le même intérêt pour l’œuvre emblématique de Smithson, érigée en 1970 au nord-est du Grand Lac Salé dans l’Utah et prenant la forme d’une spirale de 457 mètres de long sur 4,6 mètres de large, s’enroulant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Pour sa réalisation, Robert Smithson a utilisé de la boue, des roches de basalte, des cristaux de sel, du bois et de l’eau.

Dans les lettres qu’ils s’adressent l’un à l’autre, ils expriment leur fascination mutuelle pour l’œuvre du land art et tentent de dénouer le mystère entourant cette pièce. De son côté, Tacita Dean avait commencé à s’intéresser à l’œuvre lors d’un voyage aux Etats-Unis entrepris en 1997. Elle décide alors de se rendre à Rozel Point, sans toutefois parvenir à localiser l’œuvre de Smithson, alors immergée par les eaux du lac. Ce périple marque l’artiste qui en tire une pièce sonore intitulée tout simplement Trying to find the Spiral Jetty. Peu de temps après, Ballard prend contact avec Dean en lui faisant parvenir un court texte qu’il a écrit sur Smithson. La boucle prend forme lorsqu’on entrevoit la possibilité que la nouvelle de Ballard Les Voix du temps aurait pu influencer Smithson pour l’érection de la spirale une décennie plus tard. L’ouvrage figurait en effet dans la bibliothèque de l’artiste.

J.G. Ballard, qui disparaît en 2009, lance une sorte de défi à Tacita Dean peu avant sa mort : « Traitez-là [Spiral Jetty] comme un mystère que votre film résoudra ». *

Le film a été tourné principalement dans l’Utah, près de Wendower et en Californie à Death Valley. Les images évoquent tour à tour les paysages de déserts, de lacs salés, l’ouvrage de science-fiction écrit par Ballard et Spiral Jetty, qui apparaît comme le pivot emblématique de JG.
Certains croient même que Spiral Jetty est implantée sur un emplacement quasiment sacré, information que Smithson n’était pas sans ignorer au moment de la conception de son œuvre.

Sur le plan technique, JG est une suite de FILM, également réalisé par Tacita Dean et montré en 2011 dans la Turbine Hall de la Tate Gallery à Londres. C’est une technique spécifiquement cinématographique qu’elle a utilisée pour FILM et qu’elle reprend pour JG. Utilisant du 35mm au lieu du 16mm précédemment employé pour ses films, Dean fait en sorte que l’obturateur de la caméra soit parfois masqué de manière partielle au moyen de caches aux formes différentes, qui seraient inutilisables avec le format numérique. Cette technique particulière – qui n’est pas sans évoquer les techniques du pochoir et du collage – confère à l’ensemble un caractère labile.

Le Temps est au cœur du film, un thème récurrent dans l’oeuvre de Ballard et également en écho à la pièce de Smithson qui induit également le concept du temps qui passe, le passé et le futur et par extension, au concept de pérennité. L’œuvre est en effet visible pendant les périodes de sécheresse, durant lesquelles le niveau du lac diminue, et s’est récemment retrouvée au cœur d’un débat concernant sa préservation puisque des possibles forages pétroliers pourraient être entrepris non loin du site, présentant une menace potentielle pour sa survie.
Spiral Jetty se laisse (re)découvrir au fil du visionnage de JG, avec ces correspondances visuelles et littéraires qui sollicitent l’imagination, tout en préservant le mystère qui entoure l’œuvre.

* J.G. Ballard dans une lettre adressée à Tacita Dean datée du 4 décembre 2007

An image from Tacita Dean's film JG

JG, film anamorphique 35mm en couleur et noir & blanc, son optique, 26.5 min

Le film est projeté en boucle au sous-sol de la galerie Marian Goodman à Paris jusqu’au 1er mars 2014.
www.mariangoodman.com

Tacita Dean, née en 1965 en Angleterre, vit et travaille à Berlin.
Elle travaille avec des médiums aussi divers que le dessin, la gravure, les objets trouvés, l’installation photographique  et sonore et principalement le film.
www.tacitadean.net

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croquis de Robert Smithson pour Spiral Jetty