Arcangelo Sassolino

Posted: December 5th, 2008 | Author: | Filed under: art sur canapé: exhibition reviews | Tags: , | No Comments »

Né en 1967 à Vicenza, Italie où il vit et travaille.

Il a d’abord étudié l’ingénierie mécanique, ce qui lui permet de concevoir des micro-composants de jouets pour Nextoy-Asahi, une filiale new-yorkaise de Casio au début des années 90. Il a notamment participé au développement des jeux comme Rhino Rush ou Turbo Shot. Quelques années plus tard, il fréquente la fameuse School of Visual Art de New York.
Il retourne en Italie en 1996, pour s’établir à Vicenza et démarrer une carrière artistique en collaboration avec la galerie Grossetti de Milan où se tiennent trois expositions personnelles.

Il a la particularité d’employer des matériaux industriels comme le ciment et l’acier avec lesquels il réalise des sculptures et des projets architecturaux réalisés spécifiquement pour un espace donné. Les travaux de l’artiste sont la plupart du temps conçus en totale symbiose avec l’espace qui les contient. Les mots qui viennent à l’esprit sont le poids, la tension et la forme dans l’espace. Son approche de la sculpture n’est pas sans rappeler celle des Minimalistes, pourtant dans le cas de Sassolino, c’est davantage son passé d’ingénieur qui l’incite à concevoir de telles formes.
Ses travaux explorent les comportements mécaniques et les propriétés physiques de la force. Chaque pièce requiert beaucoup de travail minutieux, de longues recherches, et le résultat est époustouflant : la densité des matériaux et la précision mécanique entrent en discussion avec les différentes forces appliquées à l’objet. Une particularité récurrente : ces objets ne sont pas fonctionnels, ils fonctionnent

Du 14 Septembre au 18 Novembre 2007 s’est tenue au FRAC Champagne-Ardenne l’exposition What You See is What You Guess / WYSIWYG sous le commissariat de la critique d’art italienne Alessandra Pace. Les œuvres présentées questionnent la notion d’intuition : jusqu’où la perception informe-t-elle la conscience ? Le titre de l’exposition est, bien entendu, un écho à la locution What you see is what you get signifiant ce que vous voyez est ce que vous obtenez.
La pièce de Sassolino n’a pas de titre (Untitled, 2006) mais elle est très vite rebaptisée l’Araignée ou le Crabe par les visiteurs. Il s’agit en effet de six pinces hydrauliques de couleur noire assemblées entre elles. La machine se déplace de manière aléatoire au moyen de celles-ci, les faisant par la même occasion crisser sur le sol, provoquant un son étrange et inquiétant. Les lames d’acier jouent le rôle de leviers, permettant le déplacement mais laissant des marques, exécutant alors un dessin aléatoire sur le sol.

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Untitled, 2006, Courtesy de la Galerie Nicola von Senger, Zürich

Il y a une certaine violence dans l’interaction de la machine avec son environnement, car elle entraîne de façon irrémédiable l’altération de la surface. De temps à autre, lorsque les pattes sont complètement repliées, elle vacille et semble être sur le point de basculer.
La machine, croisement du vivant et de la mécanique, semble dotée d’une âme. Le visiteur, quant à lui, se trouve à la fois amusé et pris d’effroi face à cet étrange objet menaçant.

Dans le cadre de l’exposition Superdome, qui se tient au Palais de Tokyo du 29 Mai au 24 Août 2008, Arcangelo Sassolino présente Afasia 1. Il s’agit d’une sculpture conçue pour projeter des bouteilles de bière à plus de 600km/h au moyen d’air comprimé. Les morceaux de verre s’accumulent au fur et à mesure que le temps de l’exposition passe pour former un amoncellement de débris.

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Afasia 1, vue de l’exposition “Superdome”, Courtesy du Palais de Tokyo, 2008

Photographie de Didier Barroso

La pièce se compose d’un bloc contenant 16 bouteilles d’azote de 50 litres chacune, empilées les unes sur les autres par rangée de quatre. L’azote se classe dans la catégorie des gaz inertes, c’est-à-dire présentant très peu de caractéristiques réactives du fait de leur couche externe saturée en électrons. Il est par ailleurs neutre et non-inflammable et constitue majoritairement l’atmosphère terrestre (78% de l’air).
Ces bouteilles d’azote sont la source d’énergie pour la pièce, couplées avec des batteries.
Là encore, le visiteur se trouve confronté à une menace potentielle : la machine elle-même.
“Mes sculptures sont les émetteurs d’un temps physiquement comprimé, d’une mémoire permanente, d’un équilibre dangereux. Je ne veux pas créer des images mais un état des choses tendu, que j’essaie de construire grâce à la pression, au poids, au son produit par le frottement de masses.”

Expositions personnelles (sélection)
2007 Galerie Nicola von Senger, Zürich
2006 Momento, Galerie Galica, Milan
2004 Rimozione, Galerie Arte Ricambi, Vérone
2001 Concrete Matters, Galerie Grossetti, Milan

Expositions collectives (sélection)
2007 What You See is What You Guess / WYSIWYG, Frac Champagne-Ardenne, Reims
2007 …e ricomincio da tre, Studio La Città, Vérone
2006 Progetti per C4, C4 (Regione Veneto / Guggenheim), cur. Luca Massimo Barbero et Elena Ciresola
2006 Faster / Bigger / Better, ZKM, Karlsruhe
2005 Constellations, Artissima, Turin



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